Le violon:

le violon est le plus petit instrument de musique de la famille des cordes et celui offrant la tessiture la plus haute. Un violon est généralement constitué de 71 éléments en bois (épicéa, érable, buis, ébène...) collés ou assemblés les uns aux autres. Il possède quatre cordes accordées à la quinte, que l'on frotte avec un archet (sauf pour le pizzicato).

Un violon se compose de trois ensembles : les cordes, la caisse de résonance, et le manche. Sa longueur est variable. Un violon de taille maximale est appelé un entier, et est destiné aux violonistes ayant atteint leur taille adulte ; il mesure généralement 59 cm de long, du bouton à l'extrémité de la tête. Il existe une échelle non proportionnelle de longueur des violons : les trois-quarts font 56 cm ; les demis, 53 cm ; viennent ensuite les quarts (.. cm), les huitièmes (.. cm), et les seizièmes (.. cm), ces derniers étant destinés aux violonistes très jeunes (en général, 3 ans).

Les cordes, au nombre de quatre, constituent un élément important de l'instrument : c'est leur vibration qui produit un son.

Pendant plus de deux siècles, elles furent en pur boyau et seule la corde de sol était entourée d'un fil d'argent ou de cuivre.

Le boyau employé n'est pas de chat comme le veut une idée très populaire. Cette erreur est par exemple reprise dans la définition humoristique du violon[1] donnée par Ambrose Bierce dans son Dictionnaire du Diable de 1911 : « Violon : instrument destiné à chatouiller les oreilles de l'homme par le frottement de la queue d'un cheval sur les boyaux d'un chat »
L'erreur pourrait provenir d'une compréhension trop littérale de catgut (Manuel pratique de lutherie, chap. XXXII, p. 258), corde de boyau utilisée en chirurgie.

En réalité, on emploie pour fabriquer les cordes en boyau la tunique médiane de l'intestin grêle du mouton, dont les fibres sont résistantes. Plusieurs fils obtenus par découpage dans le sens de la longueur sont tordus ensemble, et la tunique médiane est si fine que les intestins grêles de quatre à cinq moutons sont nécessaires pour faire environ vingt-cinq cordes de la (Manuel pratique de lutherie, chap. XXXII, p. 259).

Une corde de boyau doit être dans toute sa longueur cylindrique, de même diamètre, élastique, d'une souplesse régulière et de couleur transparente. Un épaississement ou une densité irrégulière de la structure du matériau empêchent un accord tout à fait juste.

Au début du XXe siècle, la corde de mi est remplacée par un fil d'acier, car elle se brisait trop souvent (Manuel pratique de lutherie, chap. XIII, p. 132). Plus tard, on a également muni d'un enroulement d'aluminium les cordes de la et de , dont le noyau est en boyau ou en matière synthétique. Cette dernière solution est maintenant privilégiée (sauf pour la musique ancienne), car elle est moins sensible au désaccord, et n'est pas aussi exigeante lors de la fabrication, et peut donc être réalisée de manière industrielle. On utilise également beaucoup des cordes basses filées à noyau d'acier, qui produisent une sonorité claire mais sèche. Pour accorder plus facilement les cordes d'acier, beaucoup plus sensibles à la tension, ont été mis au point des mécanismes à vis spéciaux, fixés au cordier, les tendeurs, petites molettes fines.

Si toutes les cordes avaient le même diamètre, la tension devrait diminuer pour les cordes basses. La répartition de la pression sur la table serait alors irrégulière et la sonorité des cordes basses insatisfaisante à cause de la faiblesse de résonance. C'est pourquoi les cordes ont des diamètres différents, mais une tension presque égale. On tend plus fortement la corde de mi, qui repose sur le pied droit du chevalet afin de lui conférer un volume sonore et un éclat accrus. Un violon de type Stradivarius pèse entre 355 g et 365 g tout compris ; la table, 55 g, et le fond, 90 g, doivent résister, par l'intermédiaire des éclisses, à la tension des cordes, exerçant une pression égale à 27 kilogrammes.